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Libre librairie à Combourg

20 août 2008

Le Nothomb nouveau est arrivé

Am_lie_NOTHOMB

Bientôt septembre, le temps d'ailleurs nous y fait songer, et voici le nouvel Amélie Nothomb :

Le fait du prince. Qu'est-ce donc ? A vous de lire cette histoire totalement impossible et tellement attirante. Baptiste Bordave est un presque quadragénaire qui mène une vie quelconque, travaillant dans un bureau, se rendant de temps à autres dans des soirées où il est convié, sans apprécier plus que cela ces invitations ; bref, c'est un oisif qui s'ignore, un dandy sans grande culture, un asocial involontaire. Un matin, un inconnu sonne à sa porte sous un prétexte peu crédible et meurt chez lui !

Que faire ? Quelle décision prendre : bizarre alternative ; prévenir ou s'enfuir et changer de vie pour "tourner la page"(!) ?

Amélie Nothomb nous invente encore une fois une drôle d'histoire, simple et dérangeante à la fois, avec toujours cette petite musique qui la caractérise. Sans doute oublierons-nous très vite la trame de l'histoire, mais il n'est pas certain que les quelques interrogations et réflexions que cette aventure nous aura inspirées ne s'inscriront pas dans nos pensées.

"Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate". Amélie Nothomb.

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12 août 2008

Suite des aventures de Stoney Calhoun

CASCO BAY de William G. TAPPLY, traduit par François Happe chez Gallmeister

CASCO_BAY

Stoney Calhoun apparaît dans Dérive Sanglante, chez le même éditeur. C'est un guide de pêche dans le Maine, à Dublin, qui a été foudroyé quelques sept ans auparavant ; miraculeusement sauvé, soigné dans un hôpital militaire, il se retrouve sans passé, ayant tout oublié de sa vie précédente et se réfugie à Casco Bay, où il construit une cabane dans les bois, tout près d'un ruisseau où il peut pêcher à la mouche et trouve un travail de guide de pêche et confectionne des mouches dans une petite boutique tenue par Kate dont il tombe amoureux. Relativement classique contexte me direz-vous, mais tout n'est pas si simple.

Il y a les visites de "l'homme au costume", surgi de son passé, qui vient semer le trouble dans la nouvelle vie de Calhoun ; il y a Kate dont la vie personnelle est perturbée et qui n'est pas aussi présente que Calhoun le souhaiterait ; il y a le shériff Dickerman, son nouvel et vrai ami, mais qui exige des services dont Calhoun voudrait bien se tenir éloigner. Et pour couronner le tout, dans ce nouvel épisode, une partie de pêche géniale se trouve gâchée par la découverte d'un cadavre !

Stoney Calhoun va devoir s'investir dans l'enquête, et cela ne va pas sans réminiscences fulgurantes de son passé oublié, sans cas de conscience non plus, et surtout le chien Ralph, son compagnon si précieux disparaît !

Il faut lire cette enquête qui vous entraîne de parties de pêche en fabrication de mouches, de rapports humains en moments solitaires choisis dans la nature superbe du Maine, à l'orée de l'automne ; la personnalité de Calhoun se révèle comme dans le premier roman tellement attachante et le rythme de l'histoire à la fois posé et assidu vous emporte sans coup férir jusqu'au dénouement.

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26 juillet 2008

De tout coeur !

Carole_Martinez

Ce coeur cousu est une MERVEILLE. Voilà, c'est dit. Ce premier roman (et cela déjà est une merveille en soi !) a été publié il y a plus d'un an : janvier 2007. Comment ai-je pu laisser passer une telle écriture, une si belle histoire, des histoires même ? Enfin, c'est fait, j'ai lu (grâce à Monique, incomparable libraire de Tréguier), j'ai savouré, et je suis vaincue par tant de talent.

Dithyrambe me direz-vous, mais enfin, de quoi s'agit-il ?  Ce livre raconte l'histoire de la mère de Soledad, l'enfant née dans le désert et dont le prénom veut dire solitude, la longue errance de Frasquita qui de sa naissance en Andalousie à sa mort aux limites du Sahara aura vécu le drame que son talent de brodeuse lui a conféré comme le pendant mortifère de trop de différence, de trop de beauté, de trop de grandeur. Frasquita va se marier dans une robe somptueuse qu'elle aura créée toute seule et qui initiera la jalousie, le rejet, l'incompréhension qui seront le sceau de sa vie. Elle mène alors une vie d'enfants et de travail dans un village très très isolé d'Andalousie d'où l'étroitesse d'esprit des habitants et la folie de son mari la conduiront à s'enfuir, avec sa boîte de brodeuse et ses enfants, un autre en attente, cette petite Soledad qui devenue femme raconte toute cette Odyssée.

L'écriture de Carole Martinez a convoqué dans mon esprit celle des plus grands, Miguel Torga, Michel del Castillo, Laurent Gaudé. L'ampleur de la narration, la richesse de l'imaginaire, la vérité du monde qu'elle brode avec ses phrases aux couleurs chatoyantes nous emportent et la fable le dispute au réel, le sortilège nous accapare et c'est immense de se laisser emporter par ce fleuve de couleurs, de vent, de sable, d'histoires, de tissus faits du tout et du rien de la vie. Lisez, lisez, lisez.

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15 juillet 2008

Rentrée littéraire et actualité

best_love_rosie

Là encore, un livre à paraître fin août 2008 ; particulier celui-là car son auteur Nuala O'Faolain est décédée début mai de cette même année, et ce livre raconte un nouveau départ de la narratrice dans sa vie de quinquagénaire bien avancée ! Déjà "Chimères" nous emportait dans l'Irlande historique avec la famine et celle plus actuelle d'une réinstallation à la recherche de racines longtemps méconnues. Cette fois encore, et cela prend tout son sens, Rosie revient en Irlande s'occuper de sa tante qui lui a servi de mère, la sienne étant morte à sa naissance ; de son plein gré elle revient, et cela ne va pas sans heurts car depuis tant d'années que Rosie parcourt le monde pour fuir ses origines, il lui faut faire le point, accepter d'avoir une cinquantaine bien entamée, perdre de sa liberté, se "rencontrer". De plus, Min, sa tante,  ne lui fait pas de cadeau et va même jusqu'à faire le chemin inverse de sa nièce, puisque rejoignant celle-ci aux USA, elle décide d'y rester "un certain temps", enthousiasmée par cette liberté qu'elle n'a jamais connue en Irlande, passant outre ses 70 ans, elle trouve des petits "jobs" et se fait des amies. De retour en Irlande, Rosie s'efforce de s'intégrer, revient sur ses origines, retrouve la maison natale de sa mère, perdue tout au bord de la mer et se met à l'apprivoiser, cheminant ainsi dans les souvenirs, les questions, les désirs.

Nuala O'Faolain nous livre ainsi à titre posthume un roman initiatique de la maturité, dont l'écriture, superbement traduite par Judith Rose,  se prolonge après la lecture en une méditation du lecteur.

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05 juillet 2008

URGENCE

FACE AUX MENACES CONTRE LE PRIX UNIQUE DU LIVRE

LES PROFESSIONNELS ET LES LECTEURS SE MOBILISENT

Ci-dessous le texte de la pétition que vous pouvez signer

sur le site Pour le Livre

Des amendements proposés par des députés de la majorité parlementaire lors de l’examen du projet de loi de modernisation de l’économie ont ouvert un large débat sur la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, dite « loi Lang ».

Les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires, rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions, ont expliqué d’une même voix que ces amendements remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l’édition françaises. Leur mobilisation a été relayée par des membres du gouvernement. Madame Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, a souligné combien cette loi restait un outil indispensable pour protéger la littérature. Madame Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, quant à elle, a indiqué ne vouloir changer ni la politique du livre ni le système législatif actuel.

Les acteurs du livre sont néanmoins inquiets car beaucoup d’idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multinationales du commerce culturel. Le lobbying qu’elles exercent auprès des parlementaires est à l’origine de ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d’imposer un modèle commercial basé sur une volonté d’hégémonie et une stratégie purement financière. Derrière leurs arguments démagogiques mêlant modernité, défense du pouvoir d’achat et même écologie se cache un combat contre la création, la diversité, la concurrence et l’accès du plus grand nombre au livre.

Ce modèle culturel français, nous y sommes pour notre part indéfectiblement attachés. Ses vertus sont multiples. Avec plus de 2500 points de vente, le réseau des librairies est dans notre pays l’un des plus denses au monde. Il permet, aux côtés du réseau de la lecture publique, un accès au livre aisé et constitue un atout important pour l’aménagement du territoire et l’animation culturelle et commerciale des centres-villes. Ce réseau de librairies indépendantes cohabite avec d’autres circuits de diffusion du livre, les grandes surfaces culturelles, la grande distribution, les clubs de livres ou Internet. Depuis de nombreuses années et à l’inverse d’autres secteurs culturels comme le disque ou la vidéo, le marché du livre se développe sans qu’aucun circuit n’écrase ses concurrents. Chaque circuit joue son rôle et le consommateur bénéficie d’un véritable choix.

Pour la création et l’édition, cette densité et cette variété des circuits de vente du livre offrent à chaque auteur et à chaque livre le maximum de chances d’atteindre son public, qu’il s’agisse d’un premier roman, d’un ouvrage de recherche, d’un livre pour enfant, d’une bande dessinée, d’une œuvre traduite, du dernier roman d’un auteur connu, d’un livre pratique ou d’un ouvrage scolaire. Tous les livres pour tous les publics, voilà notre modèle.

Ce modèle, c’est la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre qui en est le pivot et le garant. En permettant d’infléchir les règles du marché afin de tenir compte de la nature culturelle et économique particulière du livre, elle passe aujourd’hui pour l’une des premières véritables lois de développement durable.
Elle confie à l’éditeur la fixation du prix des livres qu’il publie. Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d’achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public.

De surcroît, le prix unique fait baisser les prix. Contrairement aux idées reçues, les chiffres de l’INSEE montrent en effet que depuis une dizaine d’années les prix des livres ont évolué deux fois moins vite que l’inflation.

En favorisant la richesse, la diversité et le renouvellement de la création et de l’édition, en lieu et place d’une standardisation si courante dans de multiples secteurs aujourd’hui, en permettant une variété et une densité de points de vente du livre particulièrement remarquables, en privilégiant une véritable concurrence au détriment de la « loi de la jungle » et en maintenant des prix beaucoup plus accessibles que dans la majorité des autres pays développés, le prix unique du livre est une chance pour le consommateur, pour le lecteur et pour notre culture.

La loi du 10 août 1981 n’est ni obsolète ni corporatiste. Si elle mérite un débat, c’est pour la rendre plus vivante et plus forte encore.

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04 juillet 2008

Un bien bel hommage !

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Photo extraite du blog d'Elwen

Yann m'a envoyé ce lien que je vous suggère de visiter, amis de la poésie, non pas tant parce que c'est ma librairie qui est à l'honneur, mais bien pour la beauté du "reportage" et la belle vision qu'il donne de cet après-midi poésie à la librairie le samedi 26 juin dernier : promenez-vous, c'est ici.

Posté par Helenecamus à 16:42 - Poésie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juillet 2008

Albert Cossery est mort

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Albert Cossery est mort, le 22 juin 2008 ! C'est en me promenant sur les blogs de littérature que j'affectionne que j'ai fait cette découverte. J'avais découvert cet auteur fantasque et peu prolixe, mais tellement séduisant, à l'ouverture de ma librairie grâce au titre ci-dessus. Peu à peu j'ai découvert les six autres romans qui sont publiés en France chez Arcanes, collection de l'Editeur Joelle Losfeld. Albert Cossery était un personnage énigmatique, fascinant, habitant depuis près de 60 ans dans un hôtel parisien, véritable dandy, écrivain francophone mais cairote d'origine à la plume acerbe et superbe ... Quelqu'un de rare qui disparaît.

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Sept titres, pas un de plus, un nombre mythique, comme un signe.

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Photo : Olivier Roller

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01 juillet 2008

A paraître fin août

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Photo Dominique Houyet

Dès la fin du mois d'Août, pour votre rentrée, vous allez pouvoir dévorer le nouveau roman de Laurent Gaudé : La porte des enfers, chez Actes Sud. Je ne peux pas encore vous montrer la photo de couverture (une ruelle de Naples qui monte inexorablement), mais j'ai eu le privilège de lire ce texte en avant-première. C'est l'histoire d'une vengeance, d'une remontée des enfers aussi, du royaume des morts, et d'un amour filial insolite et terriblement profond. Une fable sur la mort, le souvenir des disparus que les vivants continuent de chérir, des liens qui se tissent par delà les générations. Construit comme une vraie tragédie classique où deux unités de temps se superposent, les personnages ont la grandeur des héros antiques ; la langue est juste, rapide, ample aussi et forte d'images denses et puissantes. Vous le lirez d'une traite, avides, surpris, étonnés ...

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25 juin 2008

VARGAS enfin !

VARGAS

Deux catégories possibles pour ce nouveau polar de Fred Vargas : policier, bien sûr et coup de coeur, absolument.

Impossible de résumer le livre, il est foisonnant, passionnant, surprenant. Je me suis efforcée de le lire lentement. Il le faut, car sinon cela se termine trop vite. Le commissaire Adamsberg est toujours aussi "pelleteux de nuages", Danglard son second fait montre d'une culture toujours aussi étendue et Retencourt, celle qu'il appelle tantôt Lieutenant, tantôt Violette, qu'il vouvoie ou tutoie selon les moments se révèle aussi attachante et déroutante que par le passé. Bref, ils sont tous là ! avec en prime une histoire abominaffreuse et fascinante qui mêle fantastique, précision et inquiétante psychologie. Précipitez-vous, et puis retenez-vous, lisez mais pas trop vite, savourez pleinement, et relisez à coup sûr.

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20 juin 2008

AMA ATA AIDOO, une bien belle écriture

AMA_ATA_AIDOO

Un vrai coup de coeur que ce livre paru aux Editions Zoé et traduit par Eloïse Brezault et Catherine Tymen. Je connais un peu Catherine et qu'elle trouve ici mes félicitations pour la qualité de la traduction. Je me régale à la lecture de ce roman de Madame Ama Ata Aidoo, née au Ghana et très connue dans le monde anglophone. Pour l'instant, semble-t-il, seul ce livre est traduit en français. Alors, il faut continuer, j'ai très hâte d'en lire un autre.

Ces désordres amoureux racontent la vie de Esi, jeune-femme africaine moderne, cultivée, diplômée, universitaire, possédant un travail intéressant et bien rémunéré au ministère à Accra, la capitale. Esi va divorcer et peu après rencontrer un homme très attirant, intelligent, mais marié et qui plus est, musulman. Alors elle, de confession chrétienne, se trouve confrontée à deux questions majeures (entre autres) : la place de la femme indépendante en Afrique de l'Ouest et la place de seconde épouse que lui propose Ali. Sa meilleure amie, depuis toujours son alter ego, lui renvoie l'image de sa situation avec une simplicité empreinte de chaleur humaine mais sans concession, nous racontant ainsi à nous lecteurs les us et coutumes africaines concernant les femmes, et aussi le point de vue de l'auteur sur la condition féminine en général au regard de la tradition et à notre époque. L'écriture est fluide, souple, subtile et précise, le rythme calmement soutenu et nous nous laissons emporter dans cette histoire, troublés par les sentiments qu'elle fait naître, oscillant entre la compréhension et l'indignation sourde devant certaines situations. Belle rencontre au sein de la modernité que celle de ces femmes africaines contemporaines.

Posté par Helenecamus à 19:01 - Coup de coeur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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